Témoignages

Tragédie à l'Everest - Le livre et le film

J’ai résisté assez longtemps avant d’aller voir ce film, septique sur la réalisation de cette super production, suivant par là même, l’interrogation d’un magazine de montagne : faut-il  aller voir « Everest » ?

 

Dans la salle, lunettes 3D sur le nez, j’ai apprécié les vues aériennes, mais surtout cela m’a donné l’irrésistible envie de lire le livre du journaliste Jon Krakauer que j’avais oublié sur mes étagères….

Ma foi, l’un ne va pas sans l’autre : les images époustouflantes d’un côté, le récit-témoignage de l’autre. Les imprécisions du scénario laissent de multiples questionnements qui  trouvent dans les souvenirs (sujets à polémique) du livre des explications à défaut d’une vérité qui ne peut être qu’illusoire car baignée par les ambitions  des protagonistes. Une aventure humaine « mixture de misère et de rêves »(1) comme une forme de « ratage bouleversant »(1) de l’obstination humaine.

 

(1) : 101 expériences de philosophie quotidienne, Roger-Pol Droit, Edition Odile Jacob,2002

 

 

Tragédie à l’Everest, Jon Krakauer, Edition Presse de la Cité, mars 1998.

 



SOLOS - Christophe Moulin

 

Un petit livre rouge des Editions Guérin.

Il y a longtemps que j’ai lu ce livre. Il est posé sur une étagère et je ne fais plus que voir son titre gravé sur la tranche de la reliure.

Je n’en évoquerai que les souvenirs qu’il me reste après sa lecture : une impression de grande sensibilité et une écriture humble avec beaucoup d’humilité…Quelque chose de simple par nature que je n’avais pas ressenti dans les ouvrages d’autres  grands alpinistes.

Un chapitre me revient à l’esprit : celui dans lequel Christophe Moulin conte son ascension de la voie Demaison sur le pilier du pic de Bure. Une sorte de montée vertigineuse et tourmentée vers les cieux et les étoiles dans tous les sens du terme, puisqu’il se refugie à l’observatoire au sommet du pic. Une sorte d’allégorie  de l’ascension de l’homme à travers les âges vers une conscience plus éclairée, une allégorie de ce que chaque homme vit, à la recherche d’un but pour son existence, une allégorie pour  chaque grimpeur qui un jour s’est confronté à une aventure verticale et qui ont tous ressenti que pour eux, « cette journée était unique, mais….pour la plupart des gens, il ne s’était effectivement rien passé de neuf sous les étoiles »…Ni sur terre….

Mais voilà, pour écrire ces quelques lignes, le livre est sur mes genoux. J’ai, en quelque sorte, triché ! Je ne vous parle plus de mes souvenirs de lecture. De temps à autre, mes doigts quittent les touches du clavier pour  le feuilleter. Mais oui, il y a aussi ce passage dans lequel….Et celui-ci…Toujours avec autant de sincérité. J’arrive ainsi à la dernière phrase. Je la lis, la relis. Je ferme l’ouvrage…Mais, je caresse toutes les pages et m’arrête à nouveau sur la dernière ligne : l’aventure est finie. 

Un petit coup d’œil au site des Edition Guérin ?

 

Solos, Christophe Moulin, Edition Guérin, Chamonix,2005